Merveilleux Mercantour

Venanson, vue du chalet où nous dormons

La Vésubie est un bijou niché dans un écrin flamboyant en cet automne ensoleillé. Aux portes du Parc naturel du Mercantour, c'est un bon point de départ pour des balades en VTT, en vélo de route et des randonnées.
En trois jours, nous avons exploré les alentours de Saint-Martin de Vésubie : le vallon de Millefonts au nord, le tour du Brec d'Utelle au sud, et le vallon de la Madone de Fenestre à l'est.

Le Vallon de Millefonts

Au départ de Venanson et du très confortable chalet-gîte des Trolles où nous sommes hébergés, un circuit VTT permet en 55 km et 2000 m de D+ d'atteindre le col de Veillos (2194m) par une piste forestière. Le parcours est très varié : d'abord par le Col des Sucs et le Col de la Colmiane qui nous amène sur les pistes de ski de la station de Valdeblore et le col Saint-Martin. Ensuite, une belle route goudronnée jusqu'à 2040 m et enfin une piste qui permet de rejoindre le col de Veillos. Les derniers 100 m d'ascension se font à pied, le vélo à bout de bras. Des trois cols à plus de 2000m prévus ce jour-là, nous n'en ferons qu'un : trop de portage pour rejoindre les deux autres.

Le tour du Brec d'Utelle

C'est un must, à classer dans notre top 10, 5 étoiles Michelin, bref que dire de plus ? Tout simplement époustouflant ! Quelques données techniques : 30 % piste forestière, 70 % route goudronnée, 2 cols, 1 col manqué et 1 col manquant. 74 km pour 2050 m de D+. 6 heures.
Décryptage :
Départ en VTT du centre du village de Roquebillière par la piste d'Albère : c'est sérieux dès le début, nous montons sans répit 1000 mètres de D+, la piste serpente au dessus du village que nous apercevons à chaque épingle. Arrivée au magnifique site forestier des Granges de la Brasque : les arbres énormes, immenses, font de cette forêt un lieu prisé des cueilleurs de champignons et des chasseurs, omniprésents mais discrets. Ce fut sans doute un site de séjour réputé, comme en témoignent les anciens bâtiments de colonies de vacances et de l'église au toit éventré. C'est aujourd'hui encore un départ de randonnée aux multiples sentiers. Nous trouvons ici le bitume et nous poursuivons notre chemin vers le col d'Andrion (1681 m). Il aurait fallu tourner dans la descente pour attraper le col des Fournes et le faire en aller-retour, mais nous l'avons raté...

La route est absolument fantastique, jamais rien vu de pareil, sauf peut être à Ténérife qui pourtant est volcanique, ce qui n'est pas le cas ici. Les montagnes plongent à pic sur des vallées qui ne sont pas plus large que le lit de leur rivière.
Mark, contemplatif !

L'océan de forêt dense qui s'étale sous nos yeux est absolument impénétrable, on voit rarement la route au loin, les lacets et circonvolutions nous font perdre le nord. Un grand moment de descente : la confiance est accentuée par les freins à disque, le bruit des gros pneus sur le bitume nous grise, quelques croisements un peu limite avec les rares voitures qui montent nous font lever un peu le pied, façon de parler... Nous arrivons un peu hagards, après 18 km de descente au village de La Tour sur Tinée : il faut entrer dans le village pour admirer la qualité des restaurations sur les bâtiments qui enserrent la place centrale, c'est une splendeur et l'occasion d'un bon café ! Il est déjà 14 heures et on a seulement fait la moitié ...
La route du Vallon des Carbonnières qui nous accueille maintenant est plus sauvage que tout : revêtue récemment de neuf, elle est carrément inexistante d'une carte IGN des années 70. c'est dire qu'elle n'est pas connue. Aucune circulation, aucune habitation, mais quel dénivelé, positif bien entendu... Et un paysage... toujours aussi magnifique !
Le col manquant se situe entre cette vallée que nous quittons après une quinzaine de km, celle de la Tinée, et celle de la Vésubie que nous rejoignons à Utelle. Il n'y a aucune raison de ne pas trouver un col à cet endroit : je poserai la question au Club des Cent Cols.
Passé le village d'Utelle, perché à l'ombre de sa Madone, nous descendons à pic vers la Vésubie, au risque d'en attraper le tournis. Le retour à la civilisation est un peu brutal et le final, le long de la vallée, nous fait traverser les villages de Lantosque et La Bollène-Vésubie.
Retour à Roquebillière : plein les pattes .... mais plein les yeux aussi.

Randonnée dans le Mercantour

La Madone de Fenestre (1903m) jusqu'au col du même nom (2474 m) : dans le Parc naturel du Mercantour, il est interdit de faire du VTT. Pas de regrets pour ce col : le sentier qui nous y emmène n'est pas adapté pour deux roues... Jolie balade autour du Lac de Fenestre ; magnifique vue du versant nord du Col de Fenestre ; remontée escarpée mais jamais acrobatique vers le Pas des Ladres (2448 m), et retour au refuge de la Madone. Nous ne sommes pas de grands marcheurs mais cette balade de 4 heures, pour laquelle mon cousin Thomas nous a rejoints, nous aura permis d'admirer un bouquetin qui nous observe longuement du sommet d'un pic, d'innombrables chamois presque familiers, et sans doute des mouflons qui sont un peu loin pour que l'on puisse les distinguer nettement.

Cliquer pour agrandir la photo : un bouquetin nous observe de tout là-haut !

Un chamois qui prend la pose

Etonnants hasards

Sur la route du retour, alors que nous écoutons sur France Culture Jean-Charles Massera (alias Jean de la Ciotat, cycliste émérite que j'ai accompagné lors de sa dernière cyclo et qui , le premier, m'a parlé de la pratique de l'Ultra-cyclisme et d'Hugues, en 2005) qui présente son dernier livre "We are l'Europe", nous croisons Sophie Matter !

Alors que l'on aurait pu penser, compte tenu du moment de l'année et de la proximité de son domicile, qu'elle était en balade pour la journée, nous sommes surpris d'apprendre que Sophie est en repérage pour son 1000 et qu'elle est dans sa 4ème journée consécutive de voyage qui se terminera, comme les précédentes, à la nuit tombée !
Je dis bien "SON 1000" parce que voici le programme de ce nouveau BRM : le samedi 11 septembre 2010, départ de Toulon pour le "Mille du Sud" via l'Ardèche, le Vercors, le Dauphiné, l'Ubaye et d'autres réjouissances qu'elle nous précisera en temps voulu.

Sophie Matter dans la descente du col des Robines à Saint André les Alpes - 30 octobre


Une virée dans les Monges

Le sommet des Monges culmine à 2115 m. C'est la plus haute montagne des environs. Située entre Digne et Sisteron, elle offre une grande variété de paysages. Deux voies principales permettent de la gravir, via Barles à l'est, et Clamensane au nord. Grand beau temps en ce 18 octobre, le mistral est un peu moins fort qu'hier, mais il garantit encore le soleil. La visibilité est extraordinaire.

Départ en VTT de Forest-Lacour (817 m), minuscule village blotti dans la vallée de Clamensane, entre Sisteron et la Motte du Caire. Trois objectifs au programme : le lac des Monges, le col de Clapouse (1692) et le sommet des Monges.

La route revêtue entre Forest-Lacour et Esparron-la-Bâtie serpente à près de 10 % pendant 5 km : nous montons 400 m en 5 km... Dure entrée en matière mais les gorges sont de toute beauté ! A Esparron, on emprunte la piste forestière de la Pinée, large et confortable, elle nous emmène doucement à travers une forêt de pins puis de hêtres flamboyants au Lac des Monges, trou d'eau perché à 1544 m. De là, la montée est relativement aisée jusqu'au col de Clapouse (1692). Quelques raidillons me font descendre du vélo, Mark franchit le pas sur ses deux roues.

Le Pic de Bure depuis le Col de Clapouse (1692)

Du col, la vue est imprenable sur l'est du département : l'Estrop a échappé à la perturbation d'hier, alors que le Cheval Blanc, pourtant moins élevé, est saupoudré de neige, comme les sommets plus au sud, vers Saint-André les Alpes, où la couche est beaucoup plus épaisse.


Le GR6 nous permet une approche vers le sommet des Monges, mais nous ne pédalerons plus avant un bon moment. Nous obliquons à droite pour atteindre le sommet : c'est de l'escalade, nous hissons nos vélos à bout de bras, la pente est d'environ 40 %.

Yes we can !

Ouf, ça y est nous y sommes, il aura fallu 3h20 pour monter 1400 m, c'est pas si mal. La vision panoramique nous permet d'admirer en un regard circulaire le Mont Ventoux, la Montagne de Lure, le Cheval Blanc couvert de neige, l'Estrop et les Trois Evechés, derrière eux les massifs italiens (peut être le mont Viso ?), les Ecrins, Ceüse, le Pic de Bure, Aujour.
Vue du sommet des Monges, vers l'ouest.
La carte IGN nous indique un sentier qui nous permet de rejoindre le lac des Monges car il est bien entendu impossible de redescendre par le même chemin. Une erreur d'orientation nous fait prendre une vallée pour une autre et notre azimut s'avère faux. Nous descendons en free ride un peu trop bas et, lorsque l'erreur de parcours est manifeste, il est trop tard pour remonter. Il est déjà 16h et nous nous trouvons sur la crête du Raus qui mène tout droit à la Montagne de Jouère, l'autre sommet de la région (1815m).

Où est le sentier ?
Dès que le terrain nous le permet, c'est-à-dire dès les falaises dépassées, nous mettons le cap à droite vers ... un troupeau de vaches. Qui dit vaches, dit ... ferme ? chemin ? Bien vu ! Après leur enclos, commence un GR balisé rouge. Deux troupeaux de mouflons se laissent observer très facilement, dont l'un d'une cinquantaine de têtes ! Nous entrons dans la forêt, toujours sur le GR, la descente est très fun dans les sous bois, de grands moments de VTT ! En tout, 5 chutes à nous deux : 2 pour cause de pédales automatiques trop serrées qui ne veulent pas déchausser (Mark), 3 pour moi, du genre "petit soleil" : freinage trop fort à l'avant et l'arrière du vélo passe devant, classique. Mais pas de bobos !

Le chemin le plus court pour rentrer ?
Arrivée à Baudinard, petit hameau qui héberge un couvent : nous avions croisé l'an dernier ,lors d'une balade à pied, une nonne sur un âne. Le paysage est de toute beauté. Cette vallée dans le soleil couchant, avec ses arbres aux habits d'or et de sang, est une pure merveille. Descente à fond de train sur une large piste vers Reynier, minuscule hameau habité toute l'année, et nous rejoignons le goudron. Encore 3 km pour remonter sur Forest-Lacour et nous rejoignons la voiture.

Bilan : un nouveau col (Clapouse), 6 h de VTT, 55 km, D+ 1700.
Novembre 2009