Millau Grands Causses : les grands espaces

Millau et le parc naturel régional des Grands Causses terrain de jeu idéal ! Ici on peut courir, rouler, voler, nager. Nous chargeons le Scénic avec nos 4 vélos, le deltaplane et son harnais... Il reste même de la place pour les runnings et le maillot de bain. Millau connaît un fort développement touristique depuis l'ouverture de son viaduc, en témoigne la qualité des hébergements et des activités proposées. C'est aussi un spot renommé pour le vol libre et notre hébergement est placé sous le site de décollage du Puncho d'Agast : depuis notre terrasse, nous regardons évoluer les pilotes de parapente et leurs élèves toute la journée, jusque tard dans la soirée.
Jour 1 : Sur le trajet des Hautes-Alpes à Millau, nous faisons une étape en Languedoc-Roussillon.  Après quelques heures de route, petit parcours en VTT entre vignes et garrigues : les couleurs des paysages sont éclatantes. Comme la pluie menace fort, nous terminons l'après-midi dans la grotte de Clamouse, "cathédrale du temps". Mark et moi avons visité peu de grottes dans notre vie, mais celle-ci restera dans nos mémoires : on se sent vraiment peu de chose au milieu de ces concrétions calcaires qui "poussent" d'un centimètre par siècle et atteignent plusieurs mètres de haut ! Photos de toute beauté derrière le lien ci-dessus...

Entre vignes et garrigue, en Hérault
Jour 2 : La pluie a fait place à un terrible vent du nord, des rafales à plus de 100 km/h sont annoncées sur les sommets. Nous partons pour un tour en VTT dans les gorges de la Dourbie, habillés comme en plein hiver. Nous finissons par grimper au site du Chaos de Montpellier le Vieux qui -nous l'apprenons alors-  est une visite payante. Nos poches sont vides, nous repartons vers Millau : belle balade de 45 km malgré les températures glaciales.


Jour 3 : au menu aujourd'hui deltaplane pour Mark et pour moi ce sera 2500m de natation suivis de 25 km de VTT  : ça y est, on a de nouveau l'impression de faire du sport ! Millau offre 3 sites de décollage pour le deltaplane, de quoi choisir selon le sens du vent. Le site du Brunas, où je rejoins Mark, est l'un des rares du sud de la France d'où l'on peut décoller et atterrir au sommet en delta. Mark ne s'en prive pas et fait 3 vols successifs.

Décollage du Brunas
Quelques secondes après avoir quitté le sol, on range ses jambes dans le harnais
En position de vol
Quelques manoeuvres
Face au viaduc de Millau
 Jour 4 : Je pars à la chasse aux cols. Millau est à l'ouest de causses creusés de trois rivières : la Dourbie et le Tarn qui l'arrosent, mais aussi la Jonte un peu plus au nord. Entre ces trois rivières et le Mont Aigoual, j'ai repéré une bonne vingtaine de cols. 
Les grands causses
Mon circuit d'aujourd'hui m'emmène dans le Causse Noir vers le Mont Aigoual et me fait revenir à Millau par les gorges de la Jonte puis du Tarn. Bilan : 8 nouveaux cols  (total 466) pour 114 km, pas mal ! Pendant ce temps, Mark décolle du Puncho d'Agast, mais c'est un jour sans vent et sans thermiques, donc vol très court suivi d'une remontée en vélo pour aller chercher la voiture restée en haut.
 


En descendant du Mont Aigoual, je regarde derrière moi
En approche du col de Perjuret, que je franchis en descente
L'arcade du berger
Dans les gorges de la Jonte
Pont du Rozier
Art paysan, abords de Millau


Jour 5 : Vélo de route pour tous les deux : circuit spectaculaire entre gorges du Tarn et Causse Méjean, encore 2 nouveaux cols mais la température reste si basse dans les gorges qu'il faut pédaler fort pour se réchauffer.
Montée du col de Rieisse, en quittant les gorges du Tarn
Le Tarn, vu du Roc des Hourtous


Saint Chély du Tarn
Les eaux du Tarn et ses habitants, vu du pont du village des Vignes
Saint-Chèly du Tarn, vu d'en haut


Jour 6 : Une heure de course à pied au petit matin, à la lampe frontale : les routes et pistes cyclables de Millau sont couvertes de flèches de couleur, signes du passage des célèbres courses à pied pour lesquelles des milliers de coureurs affluent ici : 100 km de Millau et Trail des Templiers. Il n'y a qu'à suivre les flèches...et peut être revenir un jour ?

Le tour du Mont Ventoux

Depuis notre retour du 1001 Miglia, nous sommes Mark et moi assez étonnés de notre bonne forme. J'avais tracé une croix sur l'arrière-saison et n'avais fait aucun projet sportif. Les années précédentes, à partir de fin août, nous sommes toujours un peu "écœurés" de vélo et passons à autre chose avec plaisir : VTT ou course à pied.
Mais cette année c'est différent, nous continuons à enchainer des circuits avec des moyennes élevées et je me régale sur mes trajets domicile-travail ou sur les parcours autour de la maison. C'est ainsi que j'ai atteint les 10 000 km annuels en septembre ... sachant que j'ai aussi couru 800 km, 2010 est une excellente année ! Ne serait cette tendinite du talon d'achille qui m'empêche de courir (mais pas de rouler!), tout irait pour le mieux.

Ce week-end, la météo maintient des conditions estivales sur le sud-est, j'en profite donc pour faire une longue sortie. La veille d'abord, je me mets en condition avec la technique du + + : ce sera donc 93 km vendredi avant les 215 km de samedi. C'est une méthode d'entraînement qui marche bien, et qui repose, je pense, sur la mémoire du corps. 

Vendredi, je suis allée dans la Drôme provençale profonde, là où on peut compter les voitures sur les doigts d'une main : Ribiers, Orpierre (nommé ainsi à cause de la couleur de ses falaises, c'est un spot de l'escalade en France), Villebois-les-Pins, Col du Reychasset, Saint-André de Rosans, Montjay, Lagrand, Saléon, Ribiers. 93 km, 1150 D+, 23,7 av.

Samedi, je me lance sur le Tour du Mont Ventoux. Ce circuit est un grand classique pour nous, mais c'est la première fois que je le fais depuis la maison. Le Ventoux est facile à contourner le long des vallées qui ont fait son dénivelé : la Nesque au sud et le Toulourenc au nord. La particularité du Vaucluse est d'avoir un maillage routier très dense, sans doute parce que c'est un département très agricole :  le choix de l'itinéraire est vaste.
Voici les étapes du mien : Ribiers, Vallée du Jabron, cols de la Pigière et du Négron, Sault, gorges de la Nesque, Bédoin, Malaucène, route de Veaux, Saint Léger du Ventoux, vallée du Toulourenc, Montbrun, col de Macuègne et pour finir Gorges de la Méouge. 
Départ 8h15, il ne fait pas très chaud mais c'est déjà mieux qu'en début de semaine où on a gratté les pare-brise. Gants longs et jambières sont de rigueur. Je longe le Jabron avec le soleil dans le dos. A ma gauche la montagne de Lure très impressionnante par sa face nord : pas loin de 1500 m de dénivelé.
Lure : nous y étions dimanche dernier avec Mark et avons eu froid comme jamais dans la descente privée de soleil
 


La montée est régulière et imperceptible jusqu'à Montfroc où se tient la foire bio annuelle : c'est l'événement baba cool de la région, je traverse Woodstock un peu éberluée... 
Passé un joli goulet tout en lacets suivi du hameau des Omergues, voici la montée du col de la Pigière qui n'est qu'une étape avant le col du Négron (1242 m). Je me régale dans cette montée régulière dans la forêt de pins puis de hêtres qui n'ont pas encore leurs couleurs d'automne. 
Une dernière vue sur la vallée du Jabron
Le contraste est immédiat dans la descente vers le plateau d'Albion, qui retient si peu l'intérêt mais, une fois n'est pas coutume, j'ai le vent dans le dos. 
Traversée rapide de Sault en descente, je suis attentive à ne pas rater l'embranchement vers les gorges de la Nesque (si non, c'est l'horrible col des Abeilles). La température commence à monter, il est 11h. Dans les gorges, des multitudes de cyclistes hollandais : d'abord tout un groupe sur des vélos de ville avec panier, puis j'en croise beaucoup qui montent. Comment les reconnaître ? Facile : ce sont les seuls qui ne disent pas bonjour !
Profondeur  vertigineuse, pourtant nous ne sommes qu'à 700 m d'altitude
La route est tout en haut à gauche
Ces gorges sont fantastiques car très longues (21 km) et la route est en corniche tout du long. Encore récemment, une montée chronométrée était organisée la veille d'une cyclosportive. Mark et moi avons fait les deux, grand souvenir ! Mais cette fois-ci, je suis en descente et je me régale du paysage. 
Premier coup d'oeil sur le Mont Ventoux
A Ville-sur-Auzon, problème : ce village, qui fut un chantier pendant des années, est maintenant doté d'une magnifique route circulaire en sens unique. C'est parfait sauf que pour tourner à droite vers  Flassan et Bédoin, la ruelle est si étroite et l'angle du virage si prononcé qu'on n'y voit rien. On ne peut pas non plus se douter qu'elle n'est pas également en sens unique ! Je  percute une voiture qui arrive en face : le choc n'est pas violent, mais suffisamment quand même pour que ma selle tourne d'un quart vers la droite et que j'atterrisse maladroitement sur un pied dans le flanc de la voiture. Plus de peur que de mal, mais il y a manifestement un problème de signalisation ici :  il manque un stop !
Je repars un peu énervée contre ce conducteur qui ne s'est soucié que de sa voiture et pas un moment de moi, tout en me traitant de P. de cycliste ! Classique, non ?

A Bédoin, c'est la foule des grands jours : plus de cyclistes que de piétons et de voitures, il y en a partout ! J'en profite pour me ravitailler dans une boulangerie et j'achète un excellent gâteau "spécial cycliste" : pas déçue, mais le poids et la taille ont dû en dissuader plus d'un. Pour moi ça va, j'ai un long trajet à faire, j'en ramène même un tiers à Mark qui me gratifie d'un "heureusement qu'on n'a pas ça à Ribiers". Oui je suis d'accord, sinon bonjours les kilos !
De Bédoin à Malaucène, le petit col de la Madeleine est un concentré de ce qui se fait de mieux en Provence: l'odeur des pins. Cet endroit est très particulier, quelle que soit la saison, ça sent toujours très très bon ! 
A Malaucène, je m'engage sur la route du Hameau de Veaux. Ce n'est pas un raccourci et elle est faite de creux et de bosses, mais au moins j'évite totalement la circulation assez dense dans ces coins-là. Je traverse les vignobles, les vendanges ont commencé (AOC Ventoux bien sûr !). 

Le hameau de Veaux et ses vignobles
Je commence à souffrir de la chaleur avec mes deux maillots et mes jambières mais je n'ai plus de place pour enlever tout ça. Ca monte, ça descend sans arrêt, dur dur. Enfin je rejoins la route principale au goudron impeccable, ça aide. Montée vers Saint Léger du Ventoux et descente à fond vers la Vallée du Toulourenc. 
Envie de prendre en bain ?
 Le Ventoux culmine toujours, ici face ouest

Là, mauvaise surprise, j'ai un très fort vent de face, je me demande bien pourquoi, ils avaient annoncé sud...  Je rame un peu dans la vallée, pendant 15 km et en plus ça monte. 
Enfin voici Montbrun, j'appréhende le col de Macuègne, j'ai déjà 160 km au compteur. Mais, comme par magie, dans la montée je m'enroule et j'y prends du plaisir, atteignant même ma vitesse habituelle dans ce col, c'est inespéré et ça fait monter mes endorphines en flèche ! ll faut dire aussi que ce col, outre qu'il n'est pas raide, permet de profiter tout du long d'une des plus belles vues du coin, c'est magnifique jusqu'à Barret de Lioure. 
Le village de Montbrun et au loin le col de Macuègne
Comme une église de pierre
Barret de Lioure avec une vue imprenable sur le Ventoux


 Au loin le Ventoux, dernier coup d'oeil

Il est 16h30, je suis au sommet, c'était la dernière difficulté du jour, maintenant je n'ai plus qu'à me laisser glisser le long de la Méouge, en descente jusqu'à la maison, dans le soleil déjà bas.
Super circuit, super journée, quelle chance d'habiter dans un si joli coin !

L'entrée des gorges de la Méouge
215 km, 2750 D+, 22,7 av.