DFU 7 montées, 7 ans de plus : pas de miracle !


Panorama depuis la cime de la Bonette
 Le DFU (pour Défi des Fondus de l'Ubaye !) garde son pouvoir d'attraction chez les Haycraft  : aucune participation à une épreuve cycliste depuis 7 ans, aucun projet précis sauf rouler et grimper des montagnes, il n'y avait que cet événement mythique pour nous faire vibrer comme au bon vieux temps.

Car le défi des 7, c'est quelque chose de spécial  : bien que relevé déjà 4 fois par Mark et 2 fois par moi, c'est la promesse de partager avec une centaine d'autres cinglés une journée exceptionnelle organisée par une équipe de bénévoles désintéressés. Consacrée à la lutte contre la mucoviscidose, la moitié des recettes est versée à cette cause, ce qui laisse 20 € pour les autres frais de ravitaillement et de repas... qu'on fasse ses comptes : c'est vraiment donné !

Le DFU comporte plusieurs formules de 1 à 7 montées en étoile à partir de Barcelonnette. A partir de 5h30 le matin, il faut gravir : le col de Vars, la station de Sainte-Anne, le col de Restefond avec la cime de la Bonette (le plus haut 2802m), le col de la Cayolle (le plus long 29km),  le Col d'Allos, la station de Pra-Loup et la station de Super-Sauze. Le parcours XXL fait 250 km pour 6500 m de dénivelé positif.

Retour sur les événements

Vendredi 29 juin
C'est difficile à organiser une journée de repos : il faudrait se reposer pour être en forme le lendemain, mais  il y a tellement de préparations à faire ! On commence par un tour en cuisine car nous avons tous les deux l'estomac fragile pendant une épreuve et il vaut mieux manger comme d'habitude... Ensuite les lampes à charger et les affaires pour être vus de nuit qu'on n'avait pas utilisées depuis longtemps ! Puis les vélos évidemment : nous roulons tous les deux en tubeless mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'on est assez dubitatif sur ce système ! Enfin, préparation de la Kangoomobile : idéal pour une nuit de camping sauvage à condition que le couchage soit confortable...

A Barcelonnette après l'inscription salle du Marché, nous prenons le temps d'un repérage de notre campement à Uvernet et du lieu où nous laisserons la voiture au croisement route d'Allos/Pra Loup : en passant devant plusieurs fois pendant la journée, nous y prenons notre ravitaillement personnel et prenons ou laissons des affaires au fil de la journée.

Au briefing de 19h, la salle est comble et les organisateurs sont remarquables d'abnégation et d'attentions pour leur 280 inscrits. Soirée très agréable autour de notre repas maison au bord de la rivière. Mais au moment de préparer notre couchage, OMG ! Il manque le connecteur de l'airbed... donc nous dormirons sur un flatbed et les sacs de vélo ! Il est évident qu'on manque de pratique...

Samedi 30 juin

Réveil à 4h00, gatosport, équipement, transfert de la voiture jusqu'au point de ravitaillement et c'est parti dans la belle nuit éclairée d'une magnifique lune. A la salle du Marché, ça grouille d'animation : café, pointage et le groupe s'élance pour Jausiers.

Puisque nous sommes au moment de la transhumance, Jausiers est envahi d'un troupeau de milliers de moutons que notre troupeau de cyclistes tente de contourner par le village et fini par mettre en panique : les bêtes partent vers Vars au lieu de tourner à  Restefond. Nous sommes en fin de peloton et à l'arrêt pendant que les bergers et chiens s'affairent pour rassembler et faire traverser leur petit monde...

Col de Vars - 7H45
La montée vers Saint-Paul sur Ubaye est un long faux plat où j'essaie de maintenir mon rythme cardiaque assez bas sans pour autant perdre le peloton, ce qui n'est pas facile... Une fois dans le col de Vars, tout se met en place naturellement et Mark imprime la cadence bien inférieure à son niveau mais qu'il sait être celle qui me permettra d'aller au bout.

En montant, attroupement sur le côté de la route autour de mon amie Alice qui était un peu devant : elle nous montre son dérailleur cassé suite à la chute d'un autre concurrent qui l'a frottée de trop près ! Quelle malchance ! Nous sommes consternés mais Alice trouvera la ressource de louer un vélo, le sien n'étant pas réparable dans la journée, et de faire tout de même 3 beaux cols !

Le soleil nous inonde au sommet du col de Vars, c'est un moment magique de voir le soleil se lever sur ces montagnes : pas un seul nuage n'est annoncé aujourd'hui. La descente est bien fraîche, on est heureux d'arriver en bas pour bifurquer directement sur :

Sainte-Anne - sommet à 9H03
Voici une montée détestable : d'abord la route est complètement pourrie et parsemée de plaques de gravillons : nous verrons plusieurs crevaisons parmi les cyclistes. Ensuite, la montée est drôlement raide avec une moyenne de 9 % pour 6km. Enfin, rien de motivant : pas de col à l'arrivée, juste une station de ski... passons, il n'y a rien à voir !
La descente est hyper prudente avec toutes ces occasions de chute, et nous ramène sur la route de Jausiers où le ravitaillement est très copieux. Il commence à faire chaud et c'est le moment de s'attaquer au gros morceau : 

Cime de la Bonette - sommet à 12h18



Un seul mot d'ordre : aller le plus lentement possible ! Pour moi, pas très compliqué, mais un peu plus difficile pour Mark qui doit rester mesuré et ne pas suivre les cyclistes de son niveau sous peine d'avoir à m'attendre ... Le problème est que c'est très long à ce rythme, ce fut sans doute notre plus lente Bonette depuis le début de notre carrière et nous l'avons montée environ 30 fois chacun ! Mais il faut dire que du coup, la route finale de la cime de la Bonette est plus facile à gravir que d'habitude ! 
La descente aurait pu être un réel plaisir mais elle est gâchée par la circulation intense, surtout des motos, parfois des vélos pas très à droite, souvent des voitures qui n'ont pas l'habitude et freinent tout du long : bref, ce n'est pas la descente où on peut se lâcher.

Le parcours impose alors un passage à la salle du Marché pour un contrôle et nous repartons aussitôt vers :

Le Col de la Cayolle - sommet à 16h18
A Uvernet, petit village à la bifurcation de Cayolle, Allos et Pra Loup, Mark fait un saut à la voiture pour faire le plein pour nous deux en affaires diverses et nourriture. Cayolle va être compliqué à gérer : c'est le plus chaud moment de la journée. Pronostic pas démenti : je peine, incommodée par divers bobos inhabituels qui me sapent le moral. Mais il faut dire que la montée de la Cayolle reste ma préférée : 20 kilomètres de faux plat, d'abord le long des spectaculaires gorges du Bachelard et ses énormes blocs, puis la route serpente doucement, agrémentée de fontaines jusqu'au pied de la montée finale qui n'est pas très difficile. Mais mon point faible prend alors le dessus, et même si je sens de bonnes jambes, une petite musique dans la tête me dit que je n'ai plus envie... Évidemment, Mark peut être un gars très sympa mais il me rappelle à l'arrivée qu'il est là pour moi aujourd'hui et qu'il n'est pas question que je n'aille pas au bout sinon... je vais en entendre parler... oui, oui toute ma vie : car j'ai le bonheur et l'immense chance de partager ma vie et la plupart de mes heures de sport avec cet homme-là ! La conséquence positive est qu'il n'aura pas besoin d'élever la voix une seconde fois car je m'exécute.





En finir avec une montée difficile me procure une poussée d'adrénaline et j'ouvre les soupapes en descente ! Quel plaisir d'avoir un bon vélo rien que pour faire des descentes comme celle-ci : un régal ! Avec Mark calé dans mon sillage, nous doublons beaucoup. Ouf ça fait du bien ! A Uvernet à nouveau, rapide ravito et équipement en lampes car nous voici repartis pour :

Le Col d'Allos - sommet à 19h50


Bien placé dans la liste des montées à gravir, le col d'Allos permet de rouler presque tout le temps à l'ombre. Elle est magnifique cette route avec ces deux portions en balcon et, contrairement à la Cayolle où la progression finale se fait en forêt, le col d'Allos est visible de très loin et offre un splendide panorama. J'ai toujours mes petits problèmes d'assise qui prennent une proportion inquiétante, j'ai aussi du mal à me tenir droite et les heures s'accumulant, mon buste se rapproche de l'horizontale comme si j'avais du mal à me soutenir. A part ça, pas de problème de jambes, ça tourne bien même si je n'avance pas vite !!
 
En haut d'Allos, j'ai retrouvé sourire et motivation : merci Mark !
Nous faisons une descente extraordinaire (de mon point de vue !) : il n'y a plus de circulation, la route n'est pas mauvaise et il fait encore assez jour. Quelle allégresse ! 
Au contrôle Allos/Pra Loup, le bénévole ne sait plus où donner de la tête entre les cyclistes qui montent, qui descendent (ceux qui terminent à 5 cols) et ceux qui tournent à Pra-Loup pour les 7... A partir de là, le parcours est une nouveauté pour nous, les anciennes éditions incluaient le col de Pontis et le col Saint-Jean, beaucoup plus loin à l'ouest. Nous sommes dans les derniers à nous engager vers :

Pra-Loup - sommet à 21H15
Rien d'extraordinaire dans cette montée mais elle a pour qualités d’être dotée d'une belle et large route, et d'avoir un gradient très raisonnable. Comme tous les villages-station, l'approche est longue, les constructions de succèdent et on ne sait pas vraiment où on va mais de toutes façons, il faut faire le tour... alors ! Il fait assez sombre maintenant et nous entendons au dessus de nos têtes "bravo, bravo !" : voilà une indication. Le contrôleur est très sympa et nous fait un immense plaisir en nous disant que le nom Haycraft est bien connu des organisateurs (5ème participation au DFU et 4 participations au Snow Trail de l'Ubaye pour moi).  Il est tellement content de nous voir  (il n'y a plus grand monde...) qu'il en oublie de tamponner notre carte...  Sans plus nous attarder, descente confortable vers Barcelonnette et pointage à la salle du Marché où nous mangeons quelques bricoles avant de repartir pour :

Super-Sauze - sommet à  23H09
C'est une mauvaise surprise pour terminer : en plein jour, c'est sans doute une charmante route avec une jolie vue, mais 10km avec des pointes à 12 % sans aucune visibilité, ça pique un peu. Je me décourage et dois m'arrêter plusieurs fois : on n'en voit pas la fin, et dans ma tête c'était un petit Pra-Loup bis.... Nous croisons ceux qui nous précèdent en descente et l'un nous averti du mauvais état de la route, il vient de crever dans un nid de poule. A force de patience, on y arrive : une minuscule station nichée dans la forêt et son accueillant contrôleur tout seul avec sa loupiote : oui oui, c'est bien ici qu'on pointe !!

La descente est longue et requiert de l'attention mais avec nos lampes de mobylette, on y voit très bien. Et c'est enfin l'arrivée : Barcelonnette, salle du Marché, dernier pointage à 23H41.

Un repas est très copieux servi à chacun et nombreux sont ceux qui dînent encore. Les bénévoles sont aux petits soins, ils sont là depuis 4 heures du matin... Pour Mark, il reste encore une épreuve : aller récupérer la voiture, enfin il pourra rouler à son rythme jusque là !

Petit bilan : 18h en tout, 15h40 de vélo, 248 km, 6500 D+, 8500 calories brûlées.

Commentaires

  1. Bravo à vous deux.
    Belle épreuve dont je n'avais jamais entendu parler, sur des routes magnifiques que je n'ai parcourues qu'une fois hélas mais avec des souvenirs exceptionnels (cyclo-bivouac et 11 jours de grand beau temps il y a une dizaine d'années).
    Il y avait un moment que je n'étais pas venu sur votre blog, mais vu que tu ne traînes plus sur Kikourou il a bien fallu que je vienne prendre quelques nouvelles de vos dernières virées sportives, avec un très grand plaisir évidemment !
    thomas (campdedrôles sur Kikourou)

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