IRONWOMAN


Ca y est, c'est fait : j'ai bouclé l'Ironman de France en 14:31:05 mn dimanche 27 juin 2010 à Nice, classée 2020 au scratch sur 2557 partants. 
Quelle aventure pour en arriver là : c'est un parcours de plus d'une année qui m'a permis d'arriver au jour J en pleine forme et j'ai vécu, avec Mark à mes côtés, une journée absolument extraordinaire ...



Ironman : kesaco ?
C'est l'épreuve reine du triathlon : 3,8 km de natation en mer, 180 km de vélo (1800 m de D+) et 42,195 km de course à pied. Délai réglementaire : 16 heures. Il existe un Ironman par pays. En France ,c'est à Nice que ça se passe. Et quelle organisation ! 1300 bénévoles, pour la plupart triathlètes eux-mêmes, 4 jours de manifestations, un public extrêmement chaleureux, un site naturel grandiose, et un grand show à l'arrivée. 

Retour sur les événements 
Vendredi : participer à un Ironman impose de passer 3 nuits sur place... Vu le prix de l'inscription, de l'équipement sportif, du coût du voyage (la moitié des participants sont étrangers), l'hébergement est un critère à prendre en compte, surtout à Nice... En ce qui nous concerne, nous logeons dans le meublé le moins cher de la ville -et pas le plus mal placé- chez le bien nommé Monsieur Audax (incroyable mais vrai : lire ici l'article sur les épreuves sportives Audax, caractérisées par la régularité et l'endurance ). Je vois ceci comme un bon signe. Dans l'après-midi, retrait des dossards. Les formalités sont très compliquées mais la mécanique est huilée et on passe d'un stand  à un autre : retrait des différents sacs de changement de vêtement, certificat médical, licence, bracelet d'identification, sac de ravitaillement, autocollants d'identification. Visite du village sportif : Mark rêve devant des vélos de contre-la-montre...  Nous nous rendons ensuite à une soirée organisée pour athlètes et accompagnateurs au parc botanique Phoenix. C'est l'occasion de faire le plein de calories et on ne se prive pas.
Ce sont nos premiers contacts avec les triathlètes : c'est vraiment une communauté à part où on ne parle que de performances et de chronos, on se raconte ses courses et on arbore des T-shirt "Finisher" comme autant de trophées. Entre eux, ce n'est pas "Comment tu t'appelles ?" mais "Quel est ton temps ?". On les voit dans la ville se promener en combinaison trifonction, casque profilé sur la tête avec des vélos qui coûtent le prix de notre voiture... Franche rigolade quand, dans un café, un serveur à la langue bien pendue lance un  "Et toi aussi, tu rêves à Hawaï ?" à un triathlète qui rit jaune : Hawaï est l'épreuve où seuls les meilleurs Ironman nationaux sont qualifiés. A chacun ses motivations...mais il est clair que je ne fais pas partie de ce monde-là.

Samedi : entrainement de natation de 7 à 9h. C'est la première occasion pour moi de nager en mer avec ma combinaison que je n'ai pu tester qu'en lac. Lever du soleil, la mer est étale, c'est magnifique.  

5h30 dimanche matin, la lune sur la Baie des Anges
Dans l'après-midi, check-in des vélos : on se fait photographier avec son vélo pour éviter le vol (je crois que le mien ne risque rien, il y a de la concurrence...) et remettre une puce. Notre numéro de dossard est également marqué à même la peau, sur le bras et le mollet. C'est à ce moment-là aussi qu'on dépose les sacs de transition Bike et Run, deux sacs dans lesquels on aura déposé ses affaires pour rouler puis courir. On n'a plus accès à ces sacs à partir de samedi, mieux vaut ne rien oublier...
Check-in bike samedi
Dimanche : lever avant 5h, contrôle départ à 6h. Avant cela, il aura fallu se changer en tenue de natation et mettre ses vêtements de ville dans un ultime sac qui sera récupéré à la fin. 
Sans jeu de mot : je n'en mène pas large à quelques minutes du départ

Natation
La natation est la grande inconnue pour moi : le délai maximum est de 2h15 pour parcourir 3,8 km. Le parcours est composé de deux boucles, la première de 2,4 km qui nous emmène à plus d'un kilomètre de la plage, la seconde de 1,4 km. Entre les deux une "sortie à l'australienne" : on revient sur la plage, on court sur une dizaine de mètres et on repart. C'est comme un huit avec deux boucles inégales en sens inversé.  Quand on est sur la plage, on distingue mal les bouées, avec ce parcours, il m'est totalement impossible de m'orienter. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut aller la première fois le dos au soleil, et la deuxième fois, face au soleil.
Le départ se fait sur une bande de plage (des galets à Nice hélas) de 50m avec des sas de temps estimé. Je me place dans le dernier sas, le plus loin du centre. Le speaker fait monter l'ambiance, le public est très nombreux. Top départ, il est 6h30. 
C'est comme entrer dans une machine à laver. Ca cogne, ça touche, il faut faire la nage du chien pendant les premiers 50m, tant la densité des nageurs est forte. C'est absolument terrible, il faut juste essayer de... ne pas se noyer et respirer de temps en temps tout en essayant d'avancer parce que derrière ça pousse. Ma première minute fut d'une frayeur intense. J'ai même pensé que ça allait s'arrêter là pour moi...

Mais après quelques mouvements, la respiration se calme, le rythme se fait régulier et c'est parti. Le plus difficile est de s'orienter, de nager droit : impossible de suivre un autre nageur, on se dépasse, on se repasse, on se touche, on se cogne... et tout à coup il n'y a plus personne en vue  sauf  les bateaux de secours, omniprésents. Puis on est à nouveau au milieu d'un groupe. C'est comme ça jusqu'au bout, chacun pour soi.
La mer est calme et l'eau à 22°, mais le mouvement des nageurs créé des vagues, je bois une fois la tasse. J'arrive enfin à la sortie intermédiaire, des volontaires sont dans l'eau pour aider les nageurs à sortir  sur leurs deux pieds mais marcher sur les galets est tellement douloureux ! Passage sur le tapis, bip des puces, je fais le signal convenu à Mark qui ne me voit pas, et je repars. Mes lunettes se remplissent d'eau mais j'arrive à les vider sans m'arrêter. Ma combinaison m'irrite la nuque à chaque mouvement de tête. C'est vraiment le plus mauvais moment de la journée. Après 1h40, la gorge brûlée par l'eau de mer, enfin je sors. J'en pleure tellement je suis contente d'avoir surmonté ça. On enlève sa combinaison à moitié pour pouvoir passer sous la douche est placée sur le parcours, et direction la zone de transition dans les vestiaires séparés homme/femme où de nombreux hommes ont pris place... il est vrai que nous ne sommes que 10 % des concurrents.
Je mets 12 mn pour me changer (à comparer au 3 mn du vainqueur), un bénévole est là pour aider à s'extirper de la combinaison mouillée qui colle et qui pèse une tonne. Je n'ai jamais été aussi contente de monter sur mon vélo et c'est reparti !

Vélo
180 km sur des routes partiellement privatisées, des ravitaillements nombreux dont un "bag drop" personnel, des bénévoles omniprésents. Le parcours dans l'arrière pays niçois est magnifique : Nice, promenade des Anglais jusqu'à l'aéroport, on traverse le Var, montée jusqu'à Gattières puis Vence, Gourdon jusqu'aux cols de l'Ecre et de la Sine, soit 21 km de montée relativement facile.
 Sur mon vélo, je me sens mieux !
Mark et moi avons rendez vous à Gourdon : il est parti en vélo par une autre route pour voir passer la course. Alors que je suis à quelques centaines de mètres de le rejoindre : crevaison lente à l'arrière !! Je roule encore un peu pour être sûre... hélas  c'est bien ça ! Pas de chance, moi qui ne crève jamais (je change mes pneus avant mes chambres à air en général). Je me range près de deux contrôleurs pour réparer en leur rappelant qu'ils n'ont pas le droit de m'aider mais j'accepte qu'ils me tiennent le vélo pendant que je démonte la roue. En effet, toute infraction au règlement (il est copieux) donne droit à un carton jaune et à un passage en prison : la prison est un espace où le cycliste doit rester 10 mn avant de repartir. Dans le règlement, il est stipulé qu'aucune aide matérielle ne doit être apportée au concurrent : ni ravitaillement, ni aide mécanique. Finalement je ne m'en sors pas trop mal, 10 mn pour réparer, mais ces 10 mn me coûtent environ 45 places au classement...
Je repars, coucou à Mark et c'est bientôt la fin de la première partie montagneuse. Je me sens plutôt bien et je prends soin de m'alimenter régulièrement et surtout de boire beaucoup. Je m'asperge de l'eau que je n'ai pas bu des bouteilles d'eau qui sont distribuées à chaque contrôle (main tendue, il suffit de ralentir). Il fait très chaud, grand soleil.
 Gourdon, l'un des plus beaux village de France

Nous roulons en non drafting : il est interdit de suivre un cycliste à moins de 7m pour ne pas profiter de l'aspiration

Je me sens très en forme, j'ai l'entrainement qu'il faut à cette période de l'année. J'ai pris le parti de ne jamais passer sur le grand plateau (eh oui, j'en ai trois !) pour ne pas fatiguer mes jambes : je n'oublie pas ce qui vient après. Je me compacte dans les descentes et mouline dans les montées. Sur le plat, je fonce. Entre le  kilomètre 130 au col de Vence (nous faisons demi-tour juste avant le sommet) et l'arrivée, je vais remonter 300 personnes. 
 Retour sur la promenade des Anglais

La descente de la vallée du Var se fait vent de face, il faut appuyer, retour par la promenade des Anglais, le public est toujours nombreux. 
Après 7h21 de course et 24.2 de moyenne (sur le vélo), je franchis la ligne d'arrivée et direction en chaussettes et vélo à la main vers la zone de transition pour un dernier changement qui me prend 9mn . Et  c'est reparti pour le marathon.
Ici le soleil tape fort
Marathon
Pour courir, il y a des endroits plus moches ... mais 4 allers retours entre l'aéroport et le centre ville en pleine chaleur, c'est pas facile. Heureusement l'organisation est toujours parfaite : deux douches sont installées sur le parcours : on passe en dessous tout habillé. Des ravitaillements tous les 1,7 km, des toilettes, un centre de secours, et toujours le public, nombreux derrière les barrières de sécurité. Nos prénoms sont inscrits sur les dossards : le public ne se prive pas de vous interpeller et de vous dire des choses qui vont droit au coeur. Ca aide ! Bizarrement, j'effectue ce marathon en un temps à peine supérieur à tous ceux que j'ai déjà fait : 5h07, contre 4h50 au pire. Ma préparation s'avère payante. Je faiblis un peu par moment et marche parfois à grandes enjambées pour changer de mouvement.
A chaque boucle, on reçoit un bracelet de couleur différente, il en faut 3 plus un aller-retour pour terminer. Ici j'en ai deux au bras droit.

J'entame ma dernière boucle. Mon oncle et ma tante ont rejoint Mark . Ils sont près de l'arrivée. Je franchis la ligne en 14h31, main dans la main avec Mark, le speaker se déchaine, le public aussi, c'est THE BIG SHOW.
Ironwoman !


PS : j'ai oublié de le dire : c'était mon premier triathlon !

Un 600 km toutes voiles dehors


Depuis des années, le mois de juin est celui où notre entrainement nous permet d'atteindre le top de notre forme et depuis le Raid Provence Extrême (RPE), fin mai, j'ai enchainé les longues sorties avec plaisir. Mais il me manquait un autre objectif pour renforcer ma motivation. Je l'ai trouvé avec le Brevet des Randonneurs Mondiaux (BRM) 600 de Gap organisé le 19 juin. En plus de la performance qu'un brevet de cette longueur impose, c'est aussi la joie d'une aventure en solitaire qui m'attire.
 Mon vélo est lesté de lampes à l'avant, à l'arrière et de deux sacoches

Un magnifique parcours
Outre le côté attractif de participer à une épreuve organisée près de chez soi, dont le coût est quasi nul et l'organisation logistique très simple, j'ai aussi envie de découvrir avec ce parcours une région que je connais mal : l'Ardèche. Depuis Gap, le parcours rejoint la Drôme et le Diois via le col de Câbre (1209 m), puis la plaine du Rhône à Montélimar. Sur l'autre rive, on traverse une partie de l'Ardèche, puis descente via le Gard,  la Provence des  Alpilles, le sud d'Avignon et Apt. Retour par la traversée des Alpes de Haute-Provence dans toute leur largeur. Les 200 derniers kilomètres sont les plus difficiles puisqu'il faut franchir les cols du Labouret (1240 m) et de Maure (1346 m). C'est là tout l'intérêt des brevets organisés par le club de Gap et l'équipe sympathique de Jean-Jacques Tréguer de proposer des tracés corsés avec autre chose que la route nationale...

Déjà en manque de sommeil avant le départ
J'ai sans aucun doute des qualités d'endurance en vélo, mais c'est une aptitude qui me manque cruellement dans la gestion du sommeil : une mauvaise nuit entame beaucoup mes moyens, autant physiques que psychologiques. Les années d'expérience n'y font rien.
Alors que j'ai cru bien faire en me rendant sur place dans mon Van la veille au soir pour éviter un réveil au milieu de la nuit, j'ai à peine fermé l'oeil et le réveil sonne à 4h45. Me voilà au départ samedi matin avec un gros déficit de sommeil.

Une météo exécrable
La semaine précédente nous surveillons attentivement la météo. C'est difficile à croire pour une fin juin, mais le temps annoncé est complètement décalé : outre un mistral nord très fort qui ne faiblira pas ni la nuit ni le matin -alors que le mistral est plutôt un vent d'après-midi, les températures annoncées ne dépassent pas 22° dans la plaine en milieu de journée, et celles annoncées pour la nuit dans les montagnes sont de 2 °. En outre, la pluie est annoncée, heureusement pas trop longtemps et au milieu de la journée. Côté vêtements, c'est compliqué à gérer car il faut tout emmener avec soi : j'ai une sacoche avant et une arrière, mais je me refuse à rouler avec un sac à dos. Je prévois donc un équipement d'hiver qui sera à peine suffisant pour garder le corps au chaud.

 Au départ de Gap, lever de soleil

 Col de Câbre, toujours groupés

Retour sur le déroulement du brevet 
Départ samedi à 6 heures, nous sommes environ 25 cyclistes. Le groupe de tête dans lequel je prends place progresse vent de face jusqu'au premier contrôle à Die. Nous sommes assez nombreux  à arriver ensemble et le contrôle prend du temps. Comme j'apprécie beaucoup de rouler seul, c'est à ce moment que je fausse compagnie à mon groupe. Je me lance pour 509 km seul et en tête.
Ce maudit vent est toujours de face jusqu'à Crest où ça tourne vers le sud pour Montélimar. Là ça roule mieux, mais le vent de coté impose de tenir fort le guidon et de rouler incliné. La traversée de Montélimar me rappelle qu'il y a un an nous étions Anne et moi dans les sas de départ de l'Etape du Tour, au même endroit. Dans tous les circuits que je fais, avec le temps, j'ai un souvenir pour chaque endroit !
Après la traversée du Rhône, au Teil, un conducteur baisse sa vitre et me lance "Ils sont 15 juste derrière !". Ce genre de formule a le don de me donner une  poussée d'adrénaline, j'appuie un peu plus fort sur les pédales et j'effectue le 2ème contrôle tampon rapidement.
Le 3ème contrôle est à Aubenas. On voit que les commerçants sont des habitués du tampon sur le carton jaune ! J'emprunte à plusieurs moments un des circuits de l'Ardéchoise en 3 jours qui se déroule en même temps, leur parcours est fléché.


Enfin je roule plein sud, vent de dos vers Alès. Malheureusement, je me perds à Alès qui est une ville assez étendue. Je tourne  en rond pendant 20 mn et fais 5 km de trop, mais cette erreur m'amène vers une fantastique boulangerie où je fais le plein. Il est 16h45 et j'ai déjà effectué 280 km. Bientôt la moitié. Jusqu'à Remoulins, le vent est favorable, mais en retraversant le Rhône, c'est cap à l'est , vent de côté, on roule à nouveau le vélo incliné dans l'autre sens cette fois. Je ne peux m'empêcher, à Saint-Rémy de Provence, alors que je passe devant les locaux de l'ancienne gare, de penser au RPE qui arrive là. C'était hier !

A Cavaillon, il est 21h00 et je m'habille pour la nuit. J'ai les yeux très irrités par le vent et je ne supporte plus mes lentilles, je mets mes lunettes. Il me reste 210 km à faire, les plus difficiles : on est à 70m d'altitude et il faut maintenant atteindre et traverser les Préalpes dignoises.


Je traverse un Céreste fantôme et un peu triste dans la nuit. Le contrôle du RPE à cet endroit était vivant et plein de monde, j'y étais là aussi de nuit. Le vent ne faiblit pas. A Forcalquier, le contrôle  se fait avec une carte postale car tout est fermé. Il est 1h du matin. J'ai une très forte envie de dormir et je lutte contre le sommeil, ma moyenne baisse. Descente vers la Durance à Oraison et je remonte vers Les Mées avec un fort vent de face.

Poste de pilotage, pas beaucoup de place pour les mains !

J'arrive enfin à Digne et je paye ma mauvaise nuit de sommeil de la veille. Il fait 3° à 3h30. Malgré mes vêtements chauds, j'ai sous estimé le froid, exagéré par la fatigue physique et le manque de sommeil. C'est un moment critique.
J'essaye de m'endormir dans un jardin public enveloppé dans ma couverture de survie, mais le sol est humide et froid. Je repars après 25mn sans avoir dormi et j'entre dans le camping à la sortie de la ville pour me réfugier dans les toilettes pour handicapés, grand local ou j'entre avec mon vélo, j'allume la lumière et m'installe sur une chaise plastique et je dors pendant 40 mn. Il fait environ 10 ° à l'intérieur.

Au départ du camping à 5h15, je me sens mieux et je me réchauffe dans le col du Labouret avec ses raidillons à 10 %. Suivi par le col de Maure, c'est la dernière difficulté du parcours mais le vent est de face à nouveau. Au dernier contrôle, à Seyne, je ne prends même pas le temps d'un café. Je suis pressé d'en finir et j'espère toujours être en tête, bien que j'ignore si des cyclistes m'ont dépassé pendant ma halte d'1h40 à Digne.

Il reste 48 km avant Gap, la descente de la vallée de la Blanche est très belle mais glaciale et la route est jonchée de pierres. 
La fin du parcours est très roulante, j'ai des ailes. Je pointe à 9h00 pile au Gymnase Lafaille, en première position. Accueil affable à Gap, merci aux membre du club cyclotouriste de Gap pour votre gentillesse !

A l'arrivée, dimanche 9 heures
27h, 603 km, 4300 D+
Texte Mark, traduction Anne

Retour en Ubaye

Il y a des moments qui rythment l'année et qui font partie de rituels intimes :  le retour en Ubaye figure parmi ceux-ci. Nous guettons les infos qui viennent confirmer l'ouverture de nos cols préférés et, fin mai ou début juin, nous rejoignons Barcelonnette pour un long week-end. Cette année encore c'est l'incertitude car, comme l'an dernier, les chutes de neige ont été fortes et les informations fiables sont rares. Nous arrivons jeudi soir directement après le travail avec comme projet de faire en aller-retour la Cayolle et Allos, et aussi tenter de monter le plus loin possible dans la Bonette.




Camping avec vue à 360°
 
1er jour
Vendredi matin, le programme est donc assez léger et nous prenons le temps de consulter l'office du tourisme de Barcelonnette : quelques coups de fil et on nous confirme que la Cayolle, Allos et le col des Champs sont ouverts ! Le faux-col de Restefond (qui précède  le col et la cime de la Bonette) est officiellement fermé, mais il paraît qu'il est possible de franchir les obstacles encore présents à vélo. Pas d'hésitation, c'est donc parti pour la Bonette, nous déjeunerons en haut. Le ciel est limpide et la température déjà élevée à 11h.
    On voit en arrière-plan le château de Jausiers, héritage de l'émigration ubayenne au Mexique aujourd'hui transformé en résidence de tourisme, où nous aimons passer un week-end quand il n'est plus possible de camper

Contrairement à ce qu'indique ce panneau, la plus haute route d'Europe n'est pas celle de la Bonette, mais celle du Pico Veleta (3398m) en Sierra Nevada (Espagne) 
 Montée dans les alpages : le pourcentage est raisonnable dans ce col de 26 km de long

Lac des Eissaupres à 2320 m, encore partiellement gelé

Mark, parti un peu plus tard que moi, me rattrape de façon à faire le final ensemble

Au parking de la Caserne de Restefond (2420 m), voici les obstacles annoncés : deux murs artificiels de neige pour empêcher les voitures de passer et permettre aux déneigeurs de terminer leur travail plus haut...

...et après, la route est propre jusqu'au sommet

Du  faux-col de Restefond (2639m), vue sur le col de la Bonette (2715m)  et sur la Cime de la Bonette dont une route permet de faire le tour : on atteint ainsi 2802m en vélo, et 2860m si l'on va au monument du sommet à pied


Instant glamour, sans doute l'ivresse des cimes !

Au faux-col de Restefond, les déneigeurs font une pause, et nous aussi


Non Mark, tu n'iras pas plus loin aujourd'hui !



2ème jour au choix : circuit des 3 ou des 4 cols
Mark se sent en forme ce matin, il se laisse tenter par un circuit qu'il n'a encore jamais fait : monter le col de la Cayolle (2326m), descendre jusqu'à Guillaumes, puis le col de Valberg (1669m) , le col de Couillole (1678m), Saint Sauveur-sur-Tinée et retour par la Bonette-Restefond (2715m).


I've done it !

Quant à moi, appareil photo en main, je me lance dans le circuit des trois cols : Allos (2244m),  les Champs (2093m) et la Cayolle (2326m). Chaque premier dimanche d'août, c'est un circuit cyclotouriste organisé alternativement dans un sens puis dans l'autre, qui rassemble des centaines de cyclistes.

La route du col d'Allos avec la Grande Séolane en ligne de mire

En montant Allos, on voit la descente de la Cayolle et les gorges du Bachelard
Col d'Allos, 2244 m : les panneaux sont souvent fantaisistes...

Premiers lacets de la descente dans le versant le mieux exposé

A Colmars-les-Alpes, petit raidillon à gauche vers le col de Champs qui se monte dans l'ombre de la forêt

Traces de la dévastation de l'hiver 2008-2009, de nombreuses avalanches avaient balayé le sommet
Un peu avant le col, un paysage minéral remarquable
Le col des Champs (2093m), vue sur les Aiguilles de Pelens
Après une descente très roulante, on attaque le col de la Cayolle pour une montée de 21 km
Voici Miss Marmotte, qui accepte enfin de se faire photographier 
Col de la Cayolle (2326m)


Sources : les altitudes des cols sont officiellement recensées dans le guide Chauvot (pas moins de 10 000 entrées rien que pour la France...).

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