Deltaplane, triathlon, vélo : dans les airs, dans l'eau et les deux pieds pas souvent sur terre !
Routes d'altitude en Piémont
| Photo prise du parking du col de Valcavera : ici commence un magnifique circuit à faire en VTT |
Au programme, une journée de chasse aux cols en VTT : après le circuit de Tende, nous sommes cette fois-ci en Piémont pour une balade au départ du Col de Valcavera, accessible en voiture depuis Demonte dans la Valle Stura (Cunéo).
L'idée de cette balade nous est venue il y a deux ans, lors d'un passage en vélo de route parmi les grands cols de la région où nous nous étions promis de revenir.
Après une nuit de camping sauvage au bord de la Stura, nous montons en voiture le col de Valcavera à 2416 m. C'est le point de départ, vers l'ouest, d'un très beau circuit réalisé en grande partie sur route "blanche" qui se termine par un sentier pédestre.
Notre premier col est en aller-retour, c'est le colle del Mulo à 2516m. Retour via les alpages, les animaux paissent en liberté. De retour sur le tracé principal, s'ensuit une enfilade de cols au relief à peine marqué : Bandia (2408m) , Margherina (2420m) , Cologna (2394 m) et Salsa Blancias (2447m). Ici, nous effectuons une impressionnante plongée vers le col de Guia (2259m) en aller retour.
Alors que nous faisons demi-tour au col, Mark bloque sa chaîne dans le pédalier en changeant de plateau : tout est coincé, il nous manque les bons outils pour réparer ... La remontée se fait donc en poussant le vélo, moi je ne m'en plains pas, j'aurais bien été incapable de pédaler sur un tel pourcentage.
Au retour au col de Salsa Blancias, un groupe de VTTistes semble nous attendre pour aider Mark à réparer : ils s'y connaissent et ils y mettent du coeur ...
La journée est sauvée, grazie mille ! Nous repartons en évoluant facilement aux mêmes altitudes, il fait très chaud même à 2400 m !
| Je regarde le mont Viso |
En route vers le col Servagno (2588m), point culminant de notre parcours. C'est un col en aller retour sur sentier pédestre. Il n'est pas frontalier mais des bunkers signifient que les Italiens ont mis des moyens ici pour maintenir leur frontière.
| La construction n'a pas résisté aux mouvements de la montagne |
Au retour de ce col, alors que nous rejoignons la piste principale, Mark chute et se blesse au mollet. Il n'y a pas de plaie visible, mais une contusion interne très douloureuse qui l'empêche d'utiliser sa jambe. Les articulations ne sont pas touchées et le mouvement de pédalage reste plus aisé que la marche. Problème : nous sommes à plus de la moitié du parcours, à environ 3 heures de la voiture avec devant nous beaucoup de dénivelé en descente d'abord, puis en montée.
Nous continuons tant bien que mal et je fais seule un col en aller retour, le très joli Passo Gardetta.
Nous descendons ensuite en roue libre vers le col de Preit à 2083m...
Le sentier pédestre annonce 40 mn pour rejoindre la route blanche, nous mettrons à peu près le double. Heureusement, le paysage est joli !
La voiture est en vue au loin après 42 km et 1800 m de dénivelée pour 9 cols.
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Chasse aux Cols,
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Route des Crêtes de Tende, épisode 3
Il y a une quinzaine de jours, nous avions été chassés de Tende (06) par la pluie alors que nous allions entamer notre 3ème journée de chasse aux cols dans les crêtes qui entourent la vallée.
L'anticyclone s'est enfin installé sur les Alpes du Sud et nous repartons pour finir ce que nous avions commencé.
Cette troisième étape concerne le nord-est de la route des Crêtes, au départ du Col de Tende (1870m), sur les routes "blanches" qui sillonnent la frontière franco-italienne. Nous nous y rendons en voiture via Barcelonnette, le Col de Larche et l'Italie. En route, nous cherchons en vain un camping : les Italiens raffolent des petits campings en pente où les tentes ne sont pas les bienvenues ! A force de passer notre chemin, nous nous retrouvons au Col de Tende : nous ferons donc du camping sauvage puisque la température le permet.
Après une belle nuit étoilée, nous sommes sur place pour démarrer notre périple et partons chargés à bloc de nourriture et de liquides : le ravitaillement est improbable.
Nous suivons à la lettre les indications du "Topo Alpes du Sud" du Club des Cent Cols et les récits détaillés disponibles sur le site internet.
| Pas besoin de traduction, on a compris |
Le début de la ballade est rentable : environ 6 cols en une dizaine de kilomètres. Le col de Tende-est (1890m) qui se trouve juste après le Fort Central, le col de San Lorenzo (1801m) où se situe un refuge avec terrasse panoramique, le col de Cannelle (1882m) sans panneau, le colletto Ghias della Perla (2105m) côté italien, le col de la Perle (2083m) et celui de Boaira (2102m).
| Le très joli col de la Perle où une "porte" centrale me fait penser à celui de Restefond |
| Taillée dans la roche, cette route n'est plus accessible aux véhicules motorisés |
| Col de Plane 2219m |
Voici le premier des cols que nous allons chercher hors itinéraire sur un sentier non cyclable. La règle du jeu des Cent Cols impose que le vélo soit poussé ou porté pour comptabiliser un col. Celui-ci impose un petit aller-retour de 45 minutes à pied.
| La route serpente dans le massif karstique des Alpes Maritimes, jardin d'été des spéléologues |
Dans le massif karstique du Marguareis, nous franchissons les cols de Chevolail (2235m) , de Marguareis (2085m) et des Seigneurs (2111 m) où le refuge est ouvert, nous en profitons pour refaire le plein d'eau.
Nous retrouvons les alpages à partir du col de Celle Vieille (2099m) d'où nous allons chercher à pied, le vélo à la main, le col de l'Evêque (2161m). D'ici nous ne sommes pas très loin de la fin de l'étape n° 2 de la route des Crêtes de Tende sud-est.
C'est le point de demi-tour de notre sortie du jour. Nous repartons en sens inverse avec une halte au Fort Central qui est fermé à la visite mais dont le site mérite le détour.
Cette balade nous a permis de franchir 14 cols, dont 11 à plus de 2000 m. Le parcours en aller retour représente environ 50 km pour 1800 m de dénivelée. Hormis le revêtement qui n'est pas toujours roulant, il n'y a pas de difficulté technique particulière.
Nous gardons de l'énergie pour le lendemain qui s'annonce plus difficile, sur les hauteurs du col de Morti.
Nous redescendons dans la vallée. Les villages traversés sont splendides. Nous passons la nuit dans la Valle Stura au couchant magnifique.
| Le Fort Central et son toit herbeux, sur le col de Tende |
Nous gardons de l'énergie pour le lendemain qui s'annonce plus difficile, sur les hauteurs du col de Morti.
Nous redescendons dans la vallée. Les villages traversés sont splendides. Nous passons la nuit dans la Valle Stura au couchant magnifique.
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EMBRUNMAN 2011
L'Embrunman est une épreuve de triathlon dont le format dépasse les traditionnels Ironman, ce qui en fait l'un des plus difficiles du monde, mais aussi des plus magnifiques par le cadre dans lequel il se déroule. La natation prend place dans le plan d'eau d'Embrun sur 3,8 km avec un départ de nuit. Le vélo compte 188 km et 3550 m de dénivelé avec le passage du col d'Izoard. Enfin, le marathon comporte un dénivelé important.
Comment me suis-je retrouvée au départ ? Un brin de folie, une envie qui remonte à plusieurs années et, sur le plan "pratique", je suis venue en voisine.
Comment me suis-je retrouvée au départ ? Un brin de folie, une envie qui remonte à plusieurs années et, sur le plan "pratique", je suis venue en voisine.
Je me suis présentée moins bien préparée que je ne l'étais l'an dernier pour l'Ironman de Nice : j'ai été handicapée par une blessure pendant 3 mois au printemps et je n'ai pas pu courir suffisamment.
Lundi 15 août 2011, jour le plus long
Mark et notre amie Sidonie m'accompagnent et nous quittons le camping d'Embrun un peu avant 5 heures pour rallier le parc à vélo au plan d'eau, centre névralgique de la course. Ultimes contrôles, le règlement est très strict et les contrôles prennent du temps. Enfin, j'entre dans mon espace personnel où j'ai déposé mon vélo hier, chargée de toutes mes affaires pour la journée. Nous sommes regroupées entre filles tout près de la sortie natation. L'ambiance est très sympathique. Mais je ne suis pas en avance, et je m'active un peu : il faut enfiler la combinaison néoprène qui permet de résister au froid (et surtout de mieux flotter). Froid pas vraiment puisque l'eau est à 22 ° et l'air environ à 14°.
Natation
La trentaine de filles (sur 1000 inscrits) et un candidat handisport sommes regroupés près de l'eau, sous les yeux du public très nombreux et nous partons à 5h50. J'appréhendais énormément ce moment : nager dans le noir n'est pas vraiment une idée attractive... Au briefing de la veille, on nous a, de façon éhontée, affirmé que les 5 bouées à contourner 2 fois seraient éclairées et qu'un gyrophare serait placé à l'opposé du lac, en point de mire. Rien de tout cela, nous sommes dans le noir total, avec beaucoup de lumières partout sur les rivages dont on ne sait pas laquelle il faut suivre. Dès le départ, je bois copieusement la tasse par une faute d'inattention et je mets du temps à reprendre mon souffle. Je me retrouve vite dernière (c'était prévu, je ne nage pas vite) et je perds de vue mes camarades. L'eau est si claire, douce et chaude, c'est à peine imaginable... On voit le fond par endroits, les algues et les petits cailloux qui brillent sous la pleine lune, c'est magique.
La première bouée passée, puis le ponton où est massé le public (Mark et Sidonie y sont placés) et après j'avance au jugé. Je finis par voir un kayak sur ma droite et demande la direction. Le très jeune garçon qui pilote m'indique une bouée que je ne vois pas. Je continue, il me suit et me fait des gestes. Je lui demande cette fois-ci de me montrer le chemin, il s'exécute mais part trop vite et je le perds de vue... A ma gauche, je vois soudain les hommes, partis à 6h00, qui arrivent, je suis assez loin d'eux. Je me rapproche et je me joins au groupe, certes moins vite, donc je prends beaucoup de coups car c'est tout le problème de nager en groupe : un nageur ne regarde pas devant lui ! La bouée la plus éloignée et passée, le jour se lève, j'y vois mieux et je suis calmement mon chemin. Au deuxième tour (1,8 km), je suis enfin échauffée, mon mouvement est plus ample et plus efficace. Les endorphines font leur travail et j'entre dans l'euphorie qui va m'accompagner longtemps. Je suis bientôt dans la longue ligne droite du retour (850 m), j'entends les acclamations du public, quelle expérience cette sortie de l'eau après 1h30 de natation ! J'aperçois Mark et Sido qui m'appellent, grosse émotion !
Je me précipite vers mon espace personnel, me change assez rapidement sous les yeux des spectateurs et je cours le vélo à la main avec mes chaussures de vélo au pied (les pros accrochent les chaussures aux pédales et chaussent en roulant) jusqu'à l'arbitre qui indique la ligne où on est autorisé à monter sur le vélo.
Vélo
Vélo
A 7h30, c'est parti pour 188 km, dans la douce lumière d'Embrun, il fait très doux. On attaque tout de suite la montagne par une montée continue de 500 mètres de dénivelé, l'équivalent de monter un petit col à froid. Mon souffle met longtemps à se calmer et je commence à entrer dans mon rythme régulier. La route en corniche vers Saint-Apollinaire surplombe le lac. Dans chaque hameau, il y a beaucoup de public qui n'est pas avare d'applaudissements. C'est splendide et ça devient assez roulant avant une longue descente dangereuse.
Traversée du Lac du Serre-Ponçon à Savines et remontée sur Embrun par la route nationale, déjà beaucoup de circulation et d'encouragements qui fusent des voitures. A Embrun, nous quittons la nationale pour Saint-Clément par une très jolie petite route, assez sportive, sans répit. Je passe Guillestre et je m'engage dans les gorges et la vallée du Guil, long faux plat montant. J'ai des cyclistes devant et derrière moi et la règle du non drafting nous impose une distance de 7 mètres. Je retrouve Mark qui est venu en vélo et m'attends dans les premiers lacets du col. Il se tient à distance de moi, les arbitres sont omniprésents et bien visibles dans leur tenue rayée. Aucune assistance ni accompagnement ne sont permis.
Traversée du Lac du Serre-Ponçon à Savines et remontée sur Embrun par la route nationale, déjà beaucoup de circulation et d'encouragements qui fusent des voitures. A Embrun, nous quittons la nationale pour Saint-Clément par une très jolie petite route, assez sportive, sans répit. Je passe Guillestre et je m'engage dans les gorges et la vallée du Guil, long faux plat montant. J'ai des cyclistes devant et derrière moi et la règle du non drafting nous impose une distance de 7 mètres. Je retrouve Mark qui est venu en vélo et m'attends dans les premiers lacets du col. Il se tient à distance de moi, les arbitres sont omniprésents et bien visibles dans leur tenue rayée. Aucune assistance ni accompagnement ne sont permis.
La grimpée du col de l'Izoard se déroule au mieux, bien que les ravitaillements soient avares en liquide (des bidons à moitié, voire au quart remplis de coca) et peu attractifs en solides... Je suis contrainte de demander de l'eau à un spectateur dans une voiture avant le sommet.
J'atteins le col 30 mn avant l'horaire disqualificatif. Après avoir passé le contrôle tapis et pris mon ravitaillement personnel dans ma besace, j'effectue une descente très rapide, la circulation en sens inverse étant neutralisée.
Retour dans la chaleur à Briançon et les difficultés commencent là : d'abord parce qu'il fait très chaud, la brise de vallée de face est forte et la succession de côtes est éprouvante. S'ajoute la fatigue générale après déjà 8 heures de course... Autour de moi évoluent les mêmes cyclistes depuis le début, nous nous sommes naturellement regroupés par niveau.
Dans les villages l'ambiance est toujours extraordinaire, beaucoup d'enfants, de vacanciers qui sont très organisés : un guetteur relève le numéro de dossard au dos du cycliste, le suivant trouve le prénom du concurrent dans la liste distribuée sur tout le parcours, et le groupe vous appelle et vous encourage. A l'applaudimètre, être une femme n'est pas un désavantage. Dans les côtes les plus difficiles (notamment Pallon : 2,5 km à 12 % avec un passage à 22 %) le public est présent, nombreux et se déchaine.
Nous retournons vers Embrun par la même route empruntée le matin le long de la Durance et là je retrouve Mark et Sidonie. La fin du parcours est terrible : nous faisons un détour de 9 km par Chalvet. Je n'avais pas pris au sérieux, en étudiant le parcours sur la carte, cette succession de grimpées. Mais la dernière est très usante : 4 km à 10 % dans la fournaise. J'en viens à bout et j'entame la descente qui n'est pas des plus reposantes avec son très mauvais revêtement.
Dans les villages l'ambiance est toujours extraordinaire, beaucoup d'enfants, de vacanciers qui sont très organisés : un guetteur relève le numéro de dossard au dos du cycliste, le suivant trouve le prénom du concurrent dans la liste distribuée sur tout le parcours, et le groupe vous appelle et vous encourage. A l'applaudimètre, être une femme n'est pas un désavantage. Dans les côtes les plus difficiles (notamment Pallon : 2,5 km à 12 % avec un passage à 22 %) le public est présent, nombreux et se déchaine.
Nous retournons vers Embrun par la même route empruntée le matin le long de la Durance et là je retrouve Mark et Sidonie. La fin du parcours est terrible : nous faisons un détour de 9 km par Chalvet. Je n'avais pas pris au sérieux, en étudiant le parcours sur la carte, cette succession de grimpées. Mais la dernière est très usante : 4 km à 10 % dans la fournaise. J'en viens à bout et j'entame la descente qui n'est pas des plus reposantes avec son très mauvais revêtement.
Course à pied
Enfin au bout j'arrive au plan d'eau d'Embrun, point final du parcours vélo, j'ai 20 mn avant le temps règlementaire et les jambes en béton... Je rejoins mon espace personnel pour changer d'équipement et je me demande bien comment je vais pouvoir courir 42 km...
Mark et Sidonie sont en ville où les gens attablés aux terrasses font des Ola! à tous les coureurs. Quand c'est mon tour, j'ai du mal à retenir mes larmes tant l'accueil est chaleureux. Le public sait vous transformer en star du jour ! On y croirait presque mais la réalité est bien là : je suis dans le dur, percluse de crampes dès le début de la course à pied.
Ce parcours est très varié et monte et descend sans cesse, sauf sur la digue de la Durance. Les ravitaillements sont vraiment aléatoires : aucune aide ne pouvant venir de l'extérieur, il ne faut compter sur aucun apport de nourriture, sauf un ravitaillement personnel au kilomètre 20, que je n'utiliserai pas.
Ce parcours est très varié et monte et descend sans cesse, sauf sur la digue de la Durance. Les ravitaillements sont vraiment aléatoires : aucune aide ne pouvant venir de l'extérieur, il ne faut compter sur aucun apport de nourriture, sauf un ravitaillement personnel au kilomètre 20, que je n'utiliserai pas.
Mais à ce stade de la course, se contenter d'eau quand il n'y a plus de coca, de pomme de terres à l'eau, de tomates, oranges, citron, bananes et abricot sec : c'est un peu léger. Si on évite les aliments acides, ce qui est le cas de la plupart des sportifs, il ne reste plus grand chose... C'est comme cela qu'à la nuit tombée, je me retrouve l'estomac complètement vide. Je passe tant bien que mal le kilomètre 29, le plus souvent en marche rapide car je ne peux plus courir, ou si lentement que l'effort n'est pas rentable. J'ai subitement très froid, et faim, mais je ne sais plus quoi manger. Mark et Sido me proposent une compote et une barre de céréales que je garderai à la main. Il est 21 heures, le temps limite officiel est 22h30 mais la tolérance accorde une heure de plus. Selon nos calculs, à 6 km/h heures, je peux finir.
Dans cette longue ligne droite de la digue à Baratier, soudain je me sens complètement épuisée, je titube, je suis à bout et je m'affale sur un banc. Il n'y a pas de question à se poser, le corps dit non, je n'irai pas plus loin. Mark va chercher de l'aide, un camion de la Croix Rouge m'embarque. Je suis absolument à bout, à tel point que je ne ressens pas de tristesse ni de déception, mais un peu d'inquiétude aussi car je ne me sens vraiment pas bien et pas lucide. C'est donc un total soulagement... mais pas encore d'amélioration car, sitôt allongée, je suis prise de crampes et de tremblements qui se poursuivront encore longtemps. Je suis transie de froid. Un kiné et une ostéopathe me font des soins et des massages après que j'ai vu le médecin.
Le bilan n'est pas négatif : je suis allée au bout de moi-même, j'ai fait tout ce que j'ai pu, sans commettre d'erreur sur le plan alimentaire ni technique. Je garderai de l'Embrunman le souvenir d'une épreuve fantastique. Si je ne l'avais pas tenté un jour, c'est sûr que je l'aurais regretté toute ma vie !
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On top of the world
| archive - avril 2011 |
Mercredi et jeudi, j'ai effectué deux super vols en circuit de 60 et 84 km totalisant presque 8 heures en l'air en partant de Laragne-Chabre. Les thermiques me permettent d'atteindre les 2600 mètres. Il y a beaucoup de monde en ce moment sur le décollage : on y rencontre de nombreux Européens et des pilotes qui viennent aussi de l'hémisphère sud où chez eux c'est l'hiver.
Jeudi soir en rentrant à la maison, alors que je n'ai pas touché à mon vélo de route depuis dix jours, je décide de partir le soir même à Barcelonnette pour dormir sur place dans la voiture et être prêt pour faire un de mes circuits préféré de haute montagne que je fais chaque année depuis quatre ans : Barcelonnette - Col de Larche (1948 m) - Vinadio - Col de la Lombarde (2350 m) - Isola - la Cime de la Bonette (2802m)- Barcelonnette. Ce circuit comporte 3 cols progressivement de plus en plus difficiles et grandioses et totalise 174 km pour 4400 m de dénivelée.
Parti juste après 8 heures avec un ciel un peu voilé (ce qui n'était pas prévu !), je commence par le col de Larche (interdit aux cyclistes côté français mais les gendarmes ont mieux à faire que refouler les quelques cyclistes qui passent) qui est facile, ça monte avec une pente très douce : les camions passent par là toute l'année. La descente en Italie jusqu'à Vinadio est très longue. Au kilomètre 67 on tourne à droite où le panneau indique "Francia par le col de la Lombarde".
La montée est très raide avec beaucoup de lacets jusqu'à un replat d'un kilomètre, puis à nouveau des lacets pour gravir la pente raide et les derniers 5 kilomètres dans les alpages, où la progression est plus facile. Le ciel est très couvert et le voile épais mais sans danger de pluie heureusement.
La descente vers la vallée de la Tinée est longue sur une route en parfait état. On passe la station de ski d'Isola 2000 en descente jusqu'au village d'Isola à 870m, où commence la montée de 41 km pour 2000 m de dénivelée jusqu'à la Cime de la Bonette. Il y a de plus en plus de soleil à partir de Saint-Etienne de Tinée. J'adore grimper la Bonette par ce côté, c'est plus long, plus dur ... plus grandiose que de l'autre côté ! Il y a aussi beaucoup moins de monde sur ce versant. Voilà c'est bouclé ! La longue descente de 35 km jusqu'à Barcelonnette est devant moi.
Cette année, j'ai trouvé la montée de la Bonette un peu dure, il m'a manqué un peu d'entrainement. Par contre, je me suis senti super bien dans les derniers 4 kilomètres. J'ai mis 8h33 sur le vélo, un peu moins de 9 heures au total.
Route des Crêtes de Tende, épisode 1 & 2
Voici des mois que nous attendions le moment propice pour parcourir en VTT cette route panoramique sur les hauteurs de Tende (06) : la météo instable des dernières semaines avait différé plusieurs fois ce projet.
Jeudi dernier, les prévisions sont toujours mitigées mais nous nous décidons à partir quand même. Tende, à 800 m d'altitude, ce n'est pas la porte à côté, même quand on habite la région PACA ! A l'extrême sud est de la France, l'accès se fait soit par Nice au sud, soit par Cunéo (Italie) au nord. C'est une totale découverte pour nous et l'arrivée en voiture par le Col de Tende par la route nord est splendide. Nous nous installons au camping municipal overbooké pour trois nuits assez difficiles...
| Tende : un petit air de ville tibétaine ? |
La frontière franco-italienne est truffée de places fortes militaires, forts et camps retranchés édifiés à partir des années 1870 qui occupent des situations stratégiques. Plus ou moins bien conservées, leurs voies d'accès existent toujours et ces "routes blanches" non revêtues sillonnent les massifs de Briançon jusqu'à la Mer Méditerranée. Elles permettent l'accès à de très nombreux cols, souvent situés à plus de 2000 m d'altitude, qui ne requièrent pas de pilotage trop technique en VTT.
| Le Fort Central vu du Col de Tende |
Le Club des Cent Cols publie un Topo Guide très détaillé de l'itinéraire des Crêtes de Tende qui totalise environ 150 km pour 30 cols étagés de 1430 à 2235 m. Nous choisissons de découper ce circuit en 3 tronçons plus ou moins équivalents : les crêtes de l'ouest en circuit au départ de Tende, les crêtes du sud-est en aller-retour depuis Tende, les crêtes du nord-est en aller retour depuis le Col de Tende (où nous prévoyons de monter en voiture). Pour éviter des aller-retours, les deux derniers tronçons peuvent être fusionnés, mais c'est alors un parcours d'une centaine de kilomètres, sans possibilité de ravitaillement.
| La montée du col de Tende |
Jour 1 : Crêtes de l'ouest
Dès l'arrivée au camping le soir précédent, nous déployons notre savoir-faire logistique : Mark au ravitaillement, Anne à l'itinéraire. Ce sont deux points essentiels.
Nous allons brûler chacun environ 3500 calories sans aucun espoir de ravitaillement en route, il ne s'agit pas de se trouver à cours de solide ou de liquide ! Mark est expert dans l'évaluation des besoins et la préparation qui représente une bonne heure de travail : nous partons avec 5 litres de boisson énergétique et des tonnes de sandwiches.
En VTT, l'orientation est un gage de réussite, il ne s'agit pas de se perdre surtout que les "passants" sont rares : j'ai bien assimilé avant de partir tous les récits que j'ai pu trouver sur internet concernant ces parcours, les itinéraires sont étudiés et tracés sur IGN. Ce qui n'est pas si simple car plusieurs cols sont listés sur le Topo Guide, mais pas sur la carte... Dans ma frénésie, je repère sur la carte un Col. de Vac. inattendu, tout près de la route ! Mais après étude sérieuse de la carte, il s'avère qu'il s'agit d'une "Colonie de Vacances"...
Nous allons brûler chacun environ 3500 calories sans aucun espoir de ravitaillement en route, il ne s'agit pas de se trouver à cours de solide ou de liquide ! Mark est expert dans l'évaluation des besoins et la préparation qui représente une bonne heure de travail : nous partons avec 5 litres de boisson énergétique et des tonnes de sandwiches.
En VTT, l'orientation est un gage de réussite, il ne s'agit pas de se perdre surtout que les "passants" sont rares : j'ai bien assimilé avant de partir tous les récits que j'ai pu trouver sur internet concernant ces parcours, les itinéraires sont étudiés et tracés sur IGN. Ce qui n'est pas si simple car plusieurs cols sont listés sur le Topo Guide, mais pas sur la carte... Dans ma frénésie, je repère sur la carte un Col. de Vac. inattendu, tout près de la route ! Mais après étude sérieuse de la carte, il s'avère qu'il s'agit d'une "Colonie de Vacances"...
Coucher tôt, lever tôt : nous sommes à 7h30 sur nos VTT. L'avantage des Alpes Maritimes c'est, comme leur nom l'indique, l'influence maritime et la brise de mer qui radoucit l'atmosphère même en altitude.
Premier objectif : le col de Tende à 1871 m. Le passage routier se franchit à 1270 m dans un tunnel de 3 km à sens unique dont l'emprunt est interdit aux vélos. Il marque la frontière franco-italienne et est goudronné sur le versant italien. C'est l'un des plus beaux cols qui soient : les premiers 5 km se font en épingles sur une large route nationale et à l'entrée du tunnel notre itinéraire VTT commence sur une piste partiellement goudronnée au début.
Nous rencontrons à cet embranchement Ivano Vinaï, organisateur de la Superrando, que nous avons côtoyé sur plusieurs épreuves. Comme tout Italien, bien que parfaitement francophone, il joint le geste à la parole pour nous expliquer qu'il n'aime vraiment pas ce vélo avec lequel il se rend de Cunéo vers le sud de la France.
La partie muletière du col de Tende est spectaculaire : 48 lacets avec une arrivée vertigineuse, 8 km pour 800 de dénivelée. Mais c'est tellement beau qu'on en oublie la difficulté. Pendant la première moitié de notre parcours, il restera visible alors que nous serons déjà loin. Ce fut un point de passage très emprunté pour le commerce du sel et son histoire est absolument passionnante.
La partie muletière du col de Tende est spectaculaire : 48 lacets avec une arrivée vertigineuse, 8 km pour 800 de dénivelée. Mais c'est tellement beau qu'on en oublie la difficulté. Pendant la première moitié de notre parcours, il restera visible alors que nous serons déjà loin. Ce fut un point de passage très emprunté pour le commerce du sel et son histoire est absolument passionnante.
| Les 48 lacets (ils sont numérotés) du col de Tende |
Arrivés au col, nous prenons à gauche et sortons de la large piste par la droite pour trouver un sentier en aller retour qui va nous permettre de franchir le col de Pernante (1878m) et la Baisse de Peru (2079m). Sur du single track assez roulant, nous traversons d'abord une étonnante futaie puis longeons un impressionnant d'un ravin, cette fois sur l'est de la crête.
Au fort de la Marguerie à 1840 m, nous faisons une pause et Mark en profite pour me faire visiter... C'est un énorme bâtiment rectangulaire battu aux quatre vents avec des corridors sombres et de nombreuses cellules : on finit par s'y perdre ! Pas de quoi vraiment paniquer mais notre problème pour trouver la sortie semble lié aux différences de niveau : nous traversons les douves, escaladons des paliers, descendons des escaliers sombres : Mark "Gyver" sort sa lampe frontale de sa poche et nous sommes sauvés !
| Dans les alpages environnants, je fais une précieuse découverte : des Edelweiss ... |
| ... et des champs d'Immortelles |
Toujours en montant, nous franchissons la Baisse de Peïrefique à 2030m puis la Baisse d'Ourne à 2040 m.
En contrebas, nous aperçevons le village de Casterino, point d'accès vers la Vallée des Merveilles dans le Parc du Mercantour.
Nous avons encore un dernier col à aller chercher : celui de Megiana à 1759 m. Il est sur une piste en cul de sac, nous choisissons de rester sur notre piste initiale et de remonter vers lui au point d'altitude 1733. Ici la forêt est exploitée et nous traversons d'énormes chantiers de coupe. Le parcours se termine inévitablement par quelques kilomètres de descente, par une route vertigineuse qui surplombe Tende. Les virages sont très serrés et le précipice à quelques mètres sans aucune protection, je mets le pied à terre plus que nécessaire. Il pleut un peu mais fort, juste le temps de mettre le K-way.
Le bilan de cette première journée est très positif : 54 kilomètres, 7 nouveaux cols dont 4 à plus de 2000 mètres, durée du parcours arrêts compris : 6h30, et environ 1700 mètres de dénivelée positive (ci-dessous le dénivelé indiqué par Openrunner est totalement exagéré).
Jour 2 : Crêtes du sud-est
Le départ est tout aussi matinal et les vélos chargés à bloc. Notre circuit d'aujourd'hui nous amènera de Tende à La Brigue au col de Saccarel, point le plus haut, en aller retour. Nous avons remarqué en étudiant la carte qu'entre Tende et la Brigue il y a deux cols muletiers accessibles par une piste. C'est donc notre première montée du matin ... et notre première descente à pied vers La Brigue puisque le single track, pourtant intégré à un parcours VTT, est "acrobatique".
Le village de La Brigue est splendide, comme un décor d'opéra avec ses placettes et ses maisons colorées. Dans la vallée, les habitants semblent tous être bilingues et beaucoup d'Italiens fréquentent ces lieux.
A partir de La Brigue, il y a deux possibilités pour joindre le col Linaire (1430m) par la piste, nous choisissons cette de la "Route de l'Amitié" dont le revêtement est malheureusement fait de gros cailloux difficiles à rouler. C'est très raide, les lacets s'enchainent et on n'en voit pas la fin. Mettre le pied à terre m'impose des redémarrages très difficiles tant le dénivelé est important. Mark enfile cette montée avec souplesse. Le VTT demande de la puissance et de la finesse de pilotage, qualités dont je manque... mais bon, le principal c'est que ça passe, même s'il faut marcher un peu.
| Le balisage est très bien fait : les itinéraires français (panneaux de bois) et italiens (en rouge et blanc) ainsi que les balises IGN (ici 271) permettent de se situer régulièrement sur la carte |
| Nous sommes ici toujours sur le versant français |
| Dans le Col de la Lariée (1956), le Pas de Tanarel est au bout |
Le Pas de Tanarel est un "carrefour" routier : à l'ouest on peut poursuivre l'itinéraire pour faire les Crêtes nord-est, en face on descend vers l'Italie, à l'est nous allons jusqu'à la Statue du Rédempteur pour glaner encore 2 cols : le Pas de Basera (2041m) et le Pas du Saccarel (2145m).
| Sur le Pas de Tanarel, une infirmerie pour les moutons en alpage |
| Au Pas de Saccarel, le vent est très violent et les nuages remontent du sud |
| Derniers cols avant la Rédemption |
Jour 3 : Crête du nord-est
Encore une soirée de labeur à préparer l'équipement du lendemain, tout est prêt pour une journée qui s'annonce avec 13 cols dont 10 à plus de 2000 m, toujours sur la frontière franco-italienne, au départ du Col de Tende monté en voiture côté italien.
Malheureusement, nous sommes réveillés à l'aube par une forte pluie qui ira s'amplifiant dans la journée. A l'heure où nous aurions du partir, nous voici donc à démonter la tente et lever le camp. Météo France, consulté la veille, ne prévoyait pas de telles pluies si tôt. Voici donc une nouvelle excursion remise à un autre jour...
* * *
Question technique, Mark a fait beaucoup de progrès depuis ses débuts en VTT il y a quelques années :
| (photo truquée) |
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